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Rencontre avec Petermann Bédat à Renens

L’Horlogerie à l’heure locale (#1) –

Thibaut (Tawatch) : Parce que chez Tawatch on met un point d’honneur à promouvoir l’horlogerie contemporaine et le tissu économique local, on souhaitait initier une série d’articles qui présentent des entrepreneurs, des acteurs horlogers et des thématiques qui font l’horlogerie d’aujourd’hui.

Jérôme (Tawatch)  : Et pour cette première, on vous emmène avec nous à Renens, au sein des ateliers de Gaël Petermann et Florian Bédat, deux jeunes talents horlogers qui viennent tout juste de remporter le prestigieux Grand Prix d’Horlogerie de Genève avec leur modèle 1967.

Thibaut : Gaël, Florian, on parle beaucoup de votre marque dans vos interviews, mais on est aussi curieux d’en savoir un peu plus sur vos goûts horlogers personnels. On porte quoi au poignet quand on passe ses journées la loupe posée sur des pièces de Haute Horlogerie ?

Gaël : Depuis des années je porte des swatch, où plus récemment une Seiko Bell-matic que j’ai acheté sur eBay, puis refaite entièrement.

Florian: De mon côté je ne mets pas de montres. Parfois un prototype de notre seconde-morte que je prends plaisir à porter, mais sinon c’est une habitude que j’ai perdue au fil des années.

Jérôme : Vous avez aussi longtemps restauré des pièces d’exception pour le compte d’une célèbre maison d’enchères, vous sauriez partager avec nous la restauration qui vous a le plus marqué ?

Gaël : Une petite pendulette Cartier répétition minute. L’horloger précèdent avait enlevé tout le mécanisme qui faisait sonner spécifiquement les minutes, alors j’ai dû refaire une dizaine de pièces à la main !

Une image contenant personne, intérieur, coupant, alimentation

Description générée automatiquement

Thibaut : Vous avez aussi dû voir passer pas mal de Patek Philippe et d’Audemars Piguet sur vos établis… Votre cœur balance pour une de ces deux manufactures ?

Florian : Ça dépend l’année – rires – Si on parle des années 40 à 60, je trouve que Patek Philippe est au-dessus. Sur les pièces contemporaines je trouve la qualité de leur collection équivalente.

Jérôme : QUID du troisième « Big Three » ? S’il fallait choisir la Rolex ultime ?

Gaël : Je trouve que la plus belle reste le chronographe 6239, avec ses poussoirs non vissés, et une lunette en acier. Ou alors la toute première GMT 6542 sans garde couronne et avec sa lunette bakélite.

Thibaut : Des belles complications pour une marque qui en fait finalement assez peu. D’ailleurs quelle est votre complication préférée ?

Gaël : J’aime vraiment beaucoup la Grande Sonnerie. J’aime le fait que ça ne change pas l’affichage sur le cadran. Tout le mécanisme est caché, je trouve ça élégant. Et quand on met la sonnerie en route, c’est la grande classe…

Florian : Je trouve marrante la foudroyante par la vitesse de son affichage, les formes d’une rattrapante, et la seconde morte. A chaque fois que je voyais une seconde morte j’étais fasciné, mais aussi très curieux, parce qu’il existe plein de constructions et de mécanismes différents.

Une image contenant personne, intérieur, homme, assis

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Jérôme : Ça doit être super inspirant de pouvoir ouvrir et restaurer toutes ces pièces historiques. Est-ce qu’il y a des horlogers qui vous ont particulièrement influencé ?

Gaël : Il y en a tellement. C’est hyper bateau mais Breguet, qui était un très bon horloger derrière l’établi mais également un homme d’affaire redoutable.

Florian : Je dirais Frédéric Houriet, parce que c’est l’horloger de l’ombre. J’aime le côté horloger caché qui faisait des mouvements pour d’autres marques. On a parfois trouvé sa signature cachée sous le cadran sur d’anciennes montres de poche lors de restaurations dans notre atelier.

Thibaut : D’ailleurs vous vous installez ici à Renens en 2017, elle était comment cette première journée derrière l’établi ?

Gaël : Intense ! On venait tout juste de gagner notre premier mandat. Une bijouterie nous avait demandé de reconditionner une trentaine de montre, en seulement une semaine. On n’avait pas de polisseuse, on a donc fait basculer notre perceuse à colonne pour s’en servir de polisseuse. Et c’est avec l’argent de ce mandat qu’on a pu acheter notre première polisseuse !

Jérôme : Excellent, et 4 ans plus tard vous inscrivez le nom de votre ville « Renens » sur le mouvement de votre première montre, qui remporte finalement le GPHG. Une dernière question, pourquoi cet hommage ?

Gaël : On aimait l’idée qu’il ne faut pas obligatoirement être sur Genève ou dans la Vallée de Joux pour faire des belles montres. On aime l’horlogerie qu’elle vienne de Genève, d’Helsinki, de tous les horizons…

Thibaut : Merci beaucoup en tout cas d’avoir partagé ce moment précieux avec notre communauté et nous-même, et on vous souhaite de prendre beaucoup de plaisir dans la poursuite de votre success-story !

Crédits: GPHG, Petermann Bédat